Vérité de terrain que tout maire finit par entendre : les gendarmes ne veulent pas recevoir les alertes de tous les habitants. Voici le circuit qui fonctionne — un étage citoyen qui collecte, un étage institutionnel qui relaie — vu depuis une commune qui l'a mis en place.
Par Roméo Roy, créateur de JePréviens, ancien conseiller municipal · Mis à jour en septembre 2026
Quand une commune met en place sa participation citoyenne, la première idée qui vient est toujours la même : « il faudrait que les signalements arrivent directement à la gendarmerie ». C'est intuitif — et c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire, pour trois raisons :
Les habitants ont besoin d'un canal simple et ouvert à tous pour signaler en quelques secondes : c'est le rôle de JePréviens. Chaque signalement arrive géolocalisé, horodaté, photos floutées par IA, sur le tableau de bord de la mairie — qui voit tout, trie, répond, et alerte les référents de secteur quand c'est pertinent. À cet étage, la quantité n'est pas un problème : c'est la matière première, et c'est la mairie qui la raffine.
De tout ce qui remonte, la mairie ne relaie à sa brigade que l'essentiel : le fait précis, daté, localisé, éventuellement recoupé par un référent. Le canal dépend de ce que la brigade propose : le point régulier, le mail, le dépôt en brigade — ou Tchap.
Tchap, c'est la messagerie instantanée officielle de l'État : chiffrée de bout en bout, hébergée en France, utilisée par plus de 600 000 agents publics, gendarmes et policiers compris. Elle est fermée au grand public — il faut une adresse d'administration pour y entrer — et l'accès des mairies dépend des conventions en vigueur. Mais quand une brigade ouvre un espace d'échange Tchap avec sa mairie, le circuit devient remarquablement fluide : l'élu écrit aux gendarmes sur leur propre outil, en sécurité, sans mélanger ce canal avec les conversations citoyennes.
Dans une commune du Doubs engagée dans la participation citoyenne, le circuit tourne exactement ainsi : les habitants signalent sur JePréviens ; la mairie trie sur son tableau de bord ; le maire relaie les éléments pertinents aux gendarmes via l'espace Tchap que sa brigade lui a ouvert. Les habitants ont leur canal, les gendarmes ont le leur, et la mairie fait la jonction — chacun son étage, personne n'est noyé, et la brigade reçoit de l'information qualifiée qu'elle peut réellement exploiter.
Le point commun de ces trois montages : ils mélangent les étages. Le circuit qui dure est celui où la couche citoyenne et la couche institutionnelle sont distinctes, reliées par la mairie — c'est le schéma du dispositif officiel, et c'est celui que nous outillons. Pour le déployer pas à pas, voir le guide de mise en place.
L'accès n'est pas automatique : Tchap est réservé aux agents publics, et l'ouverture aux collectivités a évolué (les expérimentations portées par la DINUM pour les collectivités se sont arrêtées début 2026 ; les modalités dépendent désormais des conventions en vigueur). Le chemin le plus simple : demandez à votre brigade si elle peut ouvrir un espace d'échange avec la mairie — c'est elle qui connaît la pratique locale. Et si Tchap n'est pas accessible chez vous, le circuit fonctionne tout aussi bien avec un point régulier et des transmissions par mail : l'important est le filtre mairie, pas l'outil de l'étage 2.
Elle le renforce : dans les communes qui en disposent, c'est souvent la police municipale qui assure le tri quotidien des signalements côté mairie — JePréviens lui donne un accès dédié au tableau de bord. Le relais vers la gendarmerie ou la police nationale suit ensuite les canaux institutionnels habituels entre forces. Voir notre page JePréviens pour la police municipale.
Ce qui aide réellement les gendarmes : des faits datés, localisés, décrits sobrement — « véhicule utilitaire blanc, immatriculation partielle XX-123, passé trois fois rue des Écoles entre 21h et 23h les 12 et 14 mai, signalé par deux habitants distincts ». Le tableau de bord JePréviens structure les signalements exactement sous cette forme (date, lieu, contexte, photos floutées), exportables en un clic. Évitez les impressions générales (« ça rôde en ce moment ») : elles n'apportent rien d'exploitable.
Collecte large côté habitants, tri sur le tableau de bord, relais qualifié vers votre brigade par le canal qu'elle préfère : JePréviens est l'étage 1 qui rend l'étage 2 possible. Abonnement gratuit pour les communes de moins de 2 000 habitants*.
* Hors mise en service unique de 490 € TTC pour les nouvelles communes de plus de 500 habitants — détails sur la page tarifs.